Déçu, l'entraîneur marseillais reconnaît que l'OM est tombé sur plus fort que lui, même si le cours du match aurait pu être modifié avec le penalty de Lucho.
Est-ce que le nul de Milan à Zurich vous laisse encore plus de regrets ?
J'avais la sensation que Milan allait avoir des difficultés là-bas mais il fallait aussi que nous soyons capables de battre le Real. On a commencé de la plus mauvaise des façons en étant menés même si on a bien réagi. Avec le penalty et encore vingt minutes derrière, cela aurait pu être différent... Il faut être réaliste, entre Marseille et le Real, il y a encore beaucoup de différence. Nous faisions la course avec Milan et c'est la double confrontation, où nous n'avons pris qu'un point, qui nous coûte la possibilité de continuer l'aventure en Champions League.
Pensez-vous que la faute de Casillas sur Niang aurait mérité un carton rouge ?
Je vais être prudent... Cela aurait pu l'être, c'est une interprétation. En face, il y avait le Real qui est une institution. Il faut vraiment que cela soit évident. Quand il voit la blessure, il aurait pu revenir sur sa décision. Au-delà du fait que le gardien ne soit pas expulsé, l'important est que nous avons perdu Niang pour plusieurs semaines... Ce sera long.
Est-ce le tournant du match ?
Oui. Au-delà du fait de marquer le penalty, le gardien annule une opportunité de marquer et derrière, nous ne sommes pas sûrs de le marquer. La preuve puisque nous avons tiré sur la barre. C'est une question d'uniformité que tout le monde demande mais qui n'existe pas ni au niveau national, ni au niveau international. Quand on est du mauvais côté, on crie au scandale, quand on est du bon côté, on trouve le moyen de dire pourquoi la double sanction. C'est un fait de jeu. C'est le tournant du match même si par la suite, le Real a été bien supérieur. Mes joueurs ont pris un gros coup sur la tête en ne marquant pas le penalty.
Y'avait-il un manque d'engagement de la part de vos joueurs ?
Non mais j'ai vu en face des athlètes de haut niveau. Sur ce plan, c'est solide, ça va vite, ça saute haut, c'est le Real Madrid. Ils sont plusieurs centaines de millions d'euros et ils ont tous les meilleurs joueurs internationaux. Ce n'est pas que nous n'avons pas voulu, on essaye, on fait le maximum mais il y a une différence sur ce plan-là.
Que manque-t-il à l'OM pour enfin accéder aux huitièmes de finale de Champions League ?
Déjà ne pas avoir le Real et le Milan AC en face. Notre groupe était très difficile. Il y avait 3 ou 4 équipes à éviter et il y avait une dans le groupe. Une certaine forme de logique sportive est respectée dans le classement même si à travers la double confrontation avec Milan, on aurait dû avoir plus de points. C'est la Champions League, c'est le niveau supérieur avec plus d'exigences athlétique, technique, tactique... Face à de tels clubs, c'est difficile, il y a toujours eu un fossé, on peut le gommer sur un match. Deux clubs français sont qualifiés pour la suite, c'est bien, ils ont bien maîtrisé leur sujet. L'OM est encore en apprentissage en espérant que dans le futur cela se passe mieux.
Quelles seront les ambitions de l'OM en Europa League ?
Il y a de sacrés clients... C'est une compétition relevée. Pour le moment, je n'y pense pas car il faudra rebondir sur la L1 qui est et qui reste notre priorité. On verra en février en sachant que l'Europa League n'est pas simple. Les matches sont le jeudi, on a moins de jours pour récupérer par rapport au championnat. Ma préoccupation reste les quatre matches de L1 avant la trêve. Il faut les négocier au mieux, surtout celui de samedi au Vélodrome.
Sur le plan personnel, comment vivez-vous cette élimination ?
Je n'en fais pas une affaire personnelle. L'ambition était d'aller le plus loin possible mais tout dépendait du tirage. Il y a des choses que je ne maîtrisais pas. Je suis déçu car même si nous avons fait de bonnes choses, on aurait pu espérer mieux par rapport à tous nos matches. C'est le plus belle des compétitions mais elle nous a coûté des points lors des matches avant et surtout après. Le haut niveau, c'est savoir rebondir, on a quatre jours pour se remettre dans le bain et retrouver notre pain quotidien qui est le championnat avec comme but de se battre pour les premières places.